Top départ le 28 juin: mardi prochain s’ouvre officiellement le dépôt des candidatures pour la primaire socialiste en vue de la
présidentielle. La troisième après celles de 1995 et de 2006, et la première qui ne sera pas réservée aux militants mais accessible
aussi aux sympathisants de gauche.
Après les débats internes sur le concept même de primaire ou sur la date, c’est l’UMP qui a polémiqué ces
derniers jours sur les modalités juridiques d’organisation de la consultation. Mais ces prochains mois, le PS devra éviter plusieurs autres écueils (plus ou moins tangibles) pour
transformer l’essai de cette primaire «ouverte» qui se tiendra les 9 et 16 octobre."
Des postulants recalés
Il fallait avoir le parrainage de 15% des membres du Conseil national pour se présenter, ce qui n’autorisait que six candidats maximum.
Pour l’instant, ils sont une dizaine à s’être déclarés. Même si la barre est plus basse, des candidats (y compris "médiatique") risquent de rester "sur le carreau" (tels que Manuel Valls, Pierre
Moscovici et Arnaud Montebourg).
Un nombre d’électeurs décevant
Le succès ou l’échec de la primaire sera d’abord jaugé sur la barre du million de votants, fixée par le porte-parole Benoît Hamon en décembre dernier. «Le seuil de succès, c’est plus de 1 million de personnes», confirme Olivier Ferrand. «La primaire interne de 2006 avait mobilisé 150.000 électeurs. Un facteur six donnerait une légitimité extraordinaire, d’autant qu’une partie des votants fera campagne sur le terrain pour le candidat.»
Un doute sur la sincérité du scrutin
Et si des sympathisants UMP s’inscrivaient pour perturber le vote? Et si se répétaient les irrégularités supposées de l’élection comme première secrétaire de Martine Aubry face à Ségolène Royal en novembre 2008, par 102 voix d’écart (l’élu marseillais Patrick Mennucci évoquant dans un livre «plein de fraudes et dans tous les sens»)?
Un candidat en délicatesse avec le programme
Pour 2011, le PS a choisi un calendrier comparable à 2006: vote du projet dans un premier temps (il a été approuvé par 95% des adhérents le 20 mai) puis sélection du candidat. Une procédure dont Terra Nova considérait en 2008 qu’elle «aboutit inéluctablement à un conflit entre le programme du PS et celui du candidat». En 2007, sitôt la défaite acquise, Ségolène Royal avait ainsi déploré avoir du reprendre des propositions peu «crédibles» du projet comme le Smic à 1.500 euros ou la généralisation des 35 heures.
La difficulté va donc être pour les candidats de présenter des options différentes sans affaiblir le projet global.
Une intronisation ratée
L’événement est prévu pour le 5 ou le 6 novembre: une convention nationale d’investiture et de lancement de la campagne dont le but sera de boucler «à l’américaine» la séquence des primaires. «Il faudra avoir des dizaines de milliers de militants. La convention devra tourner autour du vainqueur et être scénarisée par lui, et non par le premier secrétaire, et devra durer longtemps. Et les battus devront y être associés et parler lors d’un moment cathartique», résume Olivier Ferrand.
Victorieuse des primaires dès le premier tour (60,65% des voix), Ségolène Royal avait plus tard épinglé dans ses souvenirs de campagne l’absence de son prédécesseur Lionel Jospin et l’attitude jugée «discourtoise» ce soir-là de ses rivaux Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius: «[Ils] ne font même pas semblant. […] Pas un sourire. Juste une moue accrochée aux lèvres, des yeux qui regardent obstinément les chaussures et des mains qui applaudissent du bout des ongles.»
Sources : Slate.fr
Tout ceci inaugure de bons crêpages de chignon (même s'il y aura plus de candidats que de candidates)...
En ce qui me concerne, je pense qu'il aurait plus judicieux que chaque candidat propose son programme et que le choix se porte sur le couple "candidat-programme"
plutôt que de choisir un programme dans un premier temps et dans un second temps un candidat qui ne croira peut-être pas complètement au programme qu'il aura à défendre...